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Le défi de l’emploi à deux âges : entre premier job et fin de carrière

Auteur Alexandre Bibus

Le marché du travail est un terrain semé d’embûches, qu’on soit jeune diplômé (ou pas) en quête d’un premier emploi ou senior expérimenté face à l’incertitude de la retraite.

D’un côté, les jeunes doivent prouver leur valeur malgré un manque d’expérience, apprendre à rédiger un CV percutant et une lettre de motivation convaincante.

De l’autre, les seniors, riches de décennies de savoir-faire, se heurtent à des portes qui se ferment, se demandant s’il faut persévérer ou tourner la page.

Cet article, bien plus long et complexe que la plupart des écrits précédents, explore ces deux réalités, très souvent opposées, mais tout aussi difficiles.

Les jeunes ou l’art de décrocher un premier job

Le CV reste un passeport pour l’entretien

Bien que le contact humain doive rester une étape primordiale du recrutement, et c’est là que les recruteurs pourraient bien changer d’optique ou de procédé, le CV reste irrémédiablement nécessaire pour un jeune sans expérience professionnelle. Ce CV doit mettre en avant les compétences transférables, tels que les stages pratiqués durant le cursus préprofessionnel, le bénévolat, les projets personnels, les formations suivies, quelles qu’elles soient. Le jeune doit pouvoir montrer qu’il est motivé, adaptable et prêt à apprendre.

Il existe une grande quantité de sites, de cabinets Conseils qui se disent pro dans l’établissement de CV et ce n’est pas le but de l’exercice ici, mais faites de façon à ce que ce résumé vous ressemble et soyez toujours prudent sur la structure.

Elle doit être claire avec un en-tête qui comporte vos nom, coordonnées, lien LinkedIn, une section « Formation », une autre sur vos ‘’Compétences », et vos « Expériences » professionnelles ou non.

Insérez-y des mots-clés en utilisant le vocabulaire du secteur visé, comme « gestion de projet », « analyse de données », etc.

Optez pour un design sobre en évitant les couleurs criardes et privilégiez la bonne lisibilité. En haut du CV, résumez en une ligne ce qui vous définit (par exemple « Étudiant en marketing digital, passionné par les stratégies de contenu »).

Dans la section « Expériences », pour un jeune qui n’a pas d’expériences professionnelles, vous pouvez y mentionner vos stages ou par exemple ‘’Bénévole, Association XYZ (2023-2024)’’, Organisation d’événements pour 200+ participants, Gestion des réseaux sociaux (création de contenus, analyse des performances), etc.

La lettre de motivation doit raconter une histoire… compléter le CV, pas le répéter. Elle doit répondre à trois questions :

Pourquoi ce poste ? Montrez que vous connaissez l’entreprise et le secteur.

Pourquoi vous ? Mettez en avant vos atouts, même indirects.

Pourquoi maintenant ? Expliquez votre motivation à intégrer le monde du travail.

Sa structure est importante également et doit, tout comme le CV, commencer avec une En-tête qui mentionne vos coordonnées, celles de l’entreprise et l’objet de la lettre. Vient ensuite l’introduction avec une accroche personnalisée qui dira pour quelle raison vous écrivez. Puis le corps de la lettre qui ne doit pas comprendre plus de 2 ou 3 paragraphes. Illustrez avec des exemples concrets, comme un projet scolaire ou une passion. Terminez la lettre avec une petite conclusion qui propose un entretien, et qui donne un ton positif.

Soyez concis dans votre lettre afin qu’elle ne soit pas plus longue qu’une page et évitez les phrases types de style « Je suis dynamique et motivé », ce qui rend la lettre monotone et ennuyante…

N’hésitez pas à regarder les réseaux sociaux, les plateformes en ligne comme LinkedIn, Indeed pour trouver des annonces de recruteurs et pour développer votre réseau. Le réseautage est important aujourd’hui. Participez à des événements, contactez d’anciens professeurs ou maîtres de stages. Ciblez des entreprises qui vous inspirent, même sans offre publiée.

Après une candidature, relancez poliment votre interlocuteur (en ce qui me concerne, privilégiez toujours le téléphone ; email ou message LinkedIn possibles aussi).

Les séniors ou le paradoxe de l’expérience

À 55-60 ans, on a souvent tout pour plaire ; c’est le paradoxe de l’expérience face au mur de l’âge. Expertise, réseau, maturité. Soixante ans, c’est 4 décennies d’expérience. Des résultats concrets. Une vision de terrain. L’expérience n’est pas un “risque” mais un levier immédiat de performance. La maturité n’est pas un frein, mais une prise de décision plus rapide et plus juste. La motivation n’a pas d’âge : elle naît de l’engagement, de la loyauté et du sens du travail bien fait. Généralement, un sénior n’a pas besoin de formation longue ou de période d’adaptation interminable. Il apporte de la valeur dès le premier jour. Pourtant, les refus s’accumulent. Pourquoi ?

Trop cher, Moins adaptable, Proche de la retraite, Motivation en berne sont généralement les stéréotypes que l’on entend quant aux séniors. Les recruteurs privilégient parfois des profils juniors, perçus comme plus « modulables ». Et puis il y a aussi certains seniors qui hésitent à postuler, pensant que leur âge joue contre eux (autocensure).

Bien sûr, il existe des moyens de contourner ces obstacles, et une fois encore, nous ne sommes pas là pour savoir comment préparer le CV adéquat, mais en voici tout de même quelques clefs qui vous permettront de mettre en avant l’essentiel. Je vais d’ailleurs retravailler le mien de la sorte…

Alléger le CV : 1-2 pages max. Supprimez les expériences vieilles de plus de 15 ans.

Mettre l’accent sur les résultats : chiffres, projets marquants, économies réalisées.

Moderniser la présentation : utilisez des outils pour un design actuel.

Evitez de mentionner l’année de naissance ou de diplôme.

Séniors qui avez de l’expérience… parlez-en… citez vos chiffres de référence, genre augmentation du CA de X% en Y années grâce à une stratégie de fidélisation clients, management d’une équipe de 15 personnes, etc. On vous jugera principalement sur ce que vous avez fait, sur vos missions, sur vos résultats… sur ce qui est concret, pas ce qui peut paraitre du rêve.

Dans le cas de la rédaction d’une lettre de motivation, montrez que vous êtes toujours dans le coup, comme je le mentionne au début du chapitre. Répondez aux craintes des recruteurs, parlez de vos défis, de votre engagement, de votre ouverture d’esprit, de votre capacité de vite apprendre de nouvelles méthodes de travail… Restez positif en parlant d’expérience et non de nostalgie…

Un conseil encore… Ne visez pas forcément les grands groupes où, certes, il peut y avoir de nombreux postes à pourvoir, mais plutôt une plus petite entreprise qui sera plus souvent ouverte à l’expérience que vous aurez à offrir.

N’hésitez pas à prendre votre courage et à vous lancer comme indépendant en consulting ou en mentorat, ce qui vous permettra de valoriser davantage votre expertise.

Et puis n’oubliez pas votre réseau, anciens collègues, associations, etc.

Ciblez tant que possible les secteurs en tension où l’expérience est un atout.

Alors… Faut-il encore postuler ?

La question se pose irrémédiablement lorsque les refus s’enchaînent. On peut alors regarder les choses autrement et se poser les questions suivantes.

Ai-je encore de la motivation ? Ai-je encore envie de travailler ; est-ce par besoins financiers, par passion, par besoin de rester actif ?

Ai-je d’autres voies à explorer ?  Pourrais-je suivre une nouvelle formation, faire du bénévolat, créer ou aider à la création d’une entreprise, avoir envie de transmettre mes connaissances, mon savoir ?

Devrais-je consulter un coach de carrière ou un conseiller en évolution professionnelle pour faire le point sur mes compétences et les options qui se présentent à moi ?

Points communs entre jeunes et seniors et leurs défis partagés

Pour conclure, je dirais que nous avons ici deux cas de figures et un seul combat… une même détermination.

Que l’on ait 20 ou 60 ans, chercher un emploi demande de la résilience, de la stratégie et une bonne dose de confiance en soi. Les jeunes doivent vendre leur potentiel, les seniors leur expérience et leur sagesse. Dans les deux cas, l’important est de rester visible, proactif et ouvert aux opportunités.


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